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L'Île de Dieu de Gregory MottonL'ile de dieu

Distribution

Mise en scène Laëtitia Botella
Assistée de Jade Collinet

Avec
Yann Berthelot : Jacob, Joseph, Moqueur, Judas
Emilie Leredde : Marie, Rebecca, Léa, Communicateur
Marie Crouail: Lucifer, Hérode
Vincent Fouquet : Dieu, Isaac, Espion, Pilate
Jade Collinet : Rachel, Inrmière, assistante communicateur
Pierre Moure : Esaü, Ange, Frère, Laban, Gabriel, Jésus, Jésus Bébé
Création sonore Matthieu Gagelin
Création lumière Jean-François Lelong
Scénographie Ludovic Billy

Production Compagnie Les Nuits Vertes
Coproduction Le Passage - Fécamp
Avec le soutien de la Ville du Havre et du CDN Haute-Normandie - Rouen

 

Note d'intention

Le texte de Gregory Motton est une véritable mine d’or à mes yeux car il traite sans gravité, avec le cynisme le plus habile de sujets très importants pour moi :

la solitude de l’être face à lui-même, face à l’Autre. « Comment et pourquoi j’existe ? », le besoin de sens et de spirituel pour trouver une justification à son existence.

Mais quand la croyance elle-même disparaît reste la poésie…

Avec cette pièce Gregory Motton réussi une pirouette adroite et formidable.

Les épisodes de la Bible ne sont qu’un « prétexte » pour tendre une loupe sur notre humanité perdue, noyée dans ses propres inepties. La bêtise, l’aigreur prennent le pas sur la foi, au grand désespoir d’un Dieu qui ne sait plus très bien quoi faire de son humanité.

La pièce est à mi-chemin entre Raison (les discours philosophiques de Lucifer tentent encore de comprendre quelque chose à l’« Existence ») et Imagination (G.Motton va plus loin avec certains éléments de la Bible, cela oriente notre Histoir commune dans de nouvelles directions, différentes de celles que nous connaissons). Il fait appel à notre mémoire collective avec poésie et impudence, mais le spectateur n’est pas dupe et se rendra bien vite compte que cette pièce est profondément encrée dans la modernité.

Le sacré est ramené à l’humain, comme Ovide a pu le faire avec Les Métamorphoses. Les Dieux eux-mêmes nous ressemblent, s’humanisent et ne cessent d’entretenir un lien étroit avec Les Hommeset les Femmes ( amour, haine, envie, désir).
À la fin, il n’y a pas de solution, pas de grands discours sur la condition humaine. Cette pièce nous invite à regarder l’humanité avec tendresse et humour.
Il ne s’agit pas d’une ré-écriture de la Bible mais simplement un regard acerbe sur l’Absurdité d’une Histoire qui a influencé toute notre société contemporaine.

Gregory Motton nous offre la possibilité de rêver un Dieu plus humain que jamais. Et une Histoire ancienne (un mythe ?) comme un lointain souvenir, plus proche de nous aujourd’hui qu’il n’y paraît et avec laquelle nous pourrions aisément prendre plus de liberté pour trouver un nouveau sens à notre humanité.

Laëtitia Botella

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