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Le Chant du Tournesol de Irina DalleChant Tournesol

Distribution


Mise en scène Laëtitia Botella
Avec Bruno Bayeux (Désiré),
Laëtitia Botella (L’Innommable Monique),
Marion Delabouglise (Maryève)
Assistante à la mise en scène Anne Marguerin
Scénographie Olivier Leroy et Fabien Malcourant
Lumière Jean-François Lelong
Création sonore Matthieu Gagelin
Production Compagnie Les Nuits Vertes hébergée par la compagnie du Chat Foin.
Avec l’aide de La Région Haute Normandie, la Ville de Rouen, L’Odia Normandie, le Relais centre de recherche théâtrale.

Teaser réalisé par JP Le Saint

 

Note d'intention

La poésie tient une place centrale dans l’écriture d’Irina Dalle. Poésie de la langue et des images. C’est une recherche philosophique éloignée de tout psychologisme. Tout se passe ici et maintenant. Pas d’avant, pas d’après, pas d’ailleurs. Ma volonté est de faire de ces mots, du vivant, une incarnation humaine de la poésie, que chacun se retrouvent dans ces questionnements existentiels pour accepter le voyage vers la poésie. Par l’universalité de ces réflexions, et la chaleur de cette langue chacun a accès au rêve. C’est un langage vital et immédiat, où l’acteur doit toujours être en rupture, où il questionne, s’exclame, cherche, doute…

La poésie de ce texte repose également sur la figure de Désiré, un jardinier qui sème des graines et attend que « ça » pousse, ceci comme une métaphore de l’acte de création artistique par le poète. Parce qu’elle aborde à la fois de la quête identitaire et qu’elle interroge le rapport de l’artiste avec son oeuvre, thématiques essentielles pour moi aujourd’hui. Comme Pirandello dans Six personnages en quête d’auteur, Irina Dalle nous invite à penser « le personnage » comme un être réel dépendant de son auteur. En effet, Maryève et l’Innommable Monique semblent être deux fantasmes échappés de l’esprit de Désiré. Il les a créés mais ne les a jamais terminés, les condamnant à l’errance, à la recherche de leurs existences.»
Le Désir et le manque
Désiré est l’unique figure masculine de la pièce, entouré par ces deux femmes qu’il a rêvées, fantasmées…désirées. Le rapport charnel entre l’auteur et ses personnages est évident dans cette pièce, elles font partie de lui, c’est un amour paternel, animal, instinctif, invisible. Ces personnages sont traversés par le désir et le manque. Au début, ils sont plantés là. Mais dès qu’ils ouvrent la bouche, c’est pour exprimer un désir : désir d’être,
désir de l’autre, désir de poésie, désir de comprendre et avant tout désir de sens. Ces désirs sont intimement liés au manque de l’Autre qui pourrait donner un sens à tout cela.
Avant, Désiré écrivait. Il y a renoncé depuis pour devenir jardinier mais les tournesols ne pousseront sur le béton que lorsqu’il acceptera sa condition de poète. L’Innommable Monique arrive vide de tout. « Elle veut se vriller dans le sol et disparaître » puis peu à peu, elle cherche à combler son vide au contact de Maryève et de Désiré. Elle veut savoir, comprendre l’Autre et apprendre l’amour.
Maryève a trop de vies, trop de personnes en elle. Personnage schizophrène, elle abrite en elle sept femmes.
Elle se débat avec son propre corps, se ramasse la « gueule par terre » et souvent, trop souvent, sur le corps des hommes. En se laissant apprivoiser, Maryève réussira à trouver son équilibre.
Une Quête de sens enfantine
Cette quête de sens, ce besoin de comprendre, de se rassurer en se trouvant un but, une direction à prendre, est un questionnement naïf que l’enfant ose exprimer mais que l’adulte réprime afin d’éviter le vertige du néant et de l’absurde. Les personnages osent se poser les questions : « Qui je suis ? » ; « Pourquoi je suis là ? » « À quoi je sers ? »
Laëtitia Botella

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